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Association de défense du Lavancher

News - Archive des mois de mai & juin 2012

Compte rendu de la scéance du conseil municipal du 15 juin 2012

Le programme de réaménagement des remontées mécaniques

Le 24 mai, M le Maire précise au conseil qu’il a présenté devant la commission supérieure des sites un important programme de requalification des domaines d’altitude s’inscrivant dans une réflexion à long terme et illustrant l’attachement de la commune aux principes d’un développement harmonieux de ses grands sites : Aiguille du Midi , domaine skiable des Grands Montets, Montenvers.

A ce titre, M le Maire indique aux élus que cela faisait 24 ans que la commune n’avait pas présenté de projet à cette instance nationale qui arbitre en matière d’environnement et devant laquelle ont été resitués les dossiers municipaux en faveur dune politique globale d’aménagement et des grandes initiatives en faveur du développement durable et tout particulièrement dans une démarche de collaboration transfrontalière à l'échelle des 3 versants suisse, italien et français pour élaborer le plan de gestion du massif du Mont-Blanc : définition de réseaux de grands sites, sites sensibles , zones de tranquillité, corridors écologiques, d’actions structurantes et concertées pour la gestion des flux, les refuges d'altitude, l'évolution des pratiques de pleine nature, des problématiques « de fond de vallée » à l’instar du transport, de l’urbanisme, de l’énergie, de l’évolution vers des produits écotouristiques.

Dans ce cadre, M le Maire insiste sur le fait que la commune a matérialisé ces actions au travers :

Ainsi, M le Maire indique que les trois dossiers présentés déclinent ces grands principes :

M le Maire souligne également l’importance vitale de ces dossiers dans la mesure où ils conditionnent la pérennisation de nos activités et participent à la valorisation de notre environnement et à l’amélioration de la sécurité afin de contribuer à un accueil favorable et positif de ces projets proposés sur nos sites remarquables par la commission supérieure des sites.

Dans ces conditions, M le Maire rappelle aux élus les étapes des procédures administratives :

M le Maire souligne que ces dossiers sont pour, le territoire, d'une importance vitale, dans la mesure où ils conditionnent la pérennité de l'accès a la haute montagne, à la Mer de Glace, dans des conditions améliorées de sécurité, et dans une perspective de valorisation de cet environnement.

Enfin M le Maire précise que de la définition du plan de gestion du Massif du Mont-Blanc à l’application du Plan Climat Energie Territoire, la commune dispose pour les années à venir, des orientations générales d’un modèle socio-économique équilibré et respectueux des diversités de la vallée

M Eric LASSERRE fait part, sans esprit de polémique, de l’inquiétude légitime des habitants du hameau du Lavancher concernant le projet de création d’une route d’accès à Plan Joran. Sur ce point, M E LASSERRE souhaite préciser qu’il n’a pas suscité la mobilisation des résidents du Lavancher mais qu’il leur a apporté son soutien. A ce titre M LASSERRE rappelle au maire de faire référence au texte fondateur de "l'Appel pour nos Montagnes" dont il est signataire.

M le Maire indique que la commune doit demander à son délégataire le changement de l’appareil de plan Joran. Compte tenu de la présentation faite préalablement, M. le Maire précise que ce réaménagement entraîne également la suppression d’autres remontées mécaniques. Ainsi, cet investissement sera soumis à un débat. Dans ces conditions, M le Maire souligne que les habitants du Lavancher ont légitimement le droit de s’interroger mais constate le fait que l’on prête à la commune des intentions cachées sur ce projet. M le Maire insiste sur le fait que, comme tout programme structurant, celui de Plan Joran sera clair, transparent et guidé par le soucis de l’intérêt général. A ce stade, M le Maire indique que ce projet comporte des éléments intéressant pour la commune en sa qualité d’autorité délégante et que l’impact de l’aménagement sera analysé selon une grille comportant des éléments socio-environnementaux, un bilan carbone et un coût de faisabilité économique.

M P PAYOT rappelle que la méthode employée par la Compagnie du Mont Blanc, consistant à prendre contact de manière individuelle avec les personnes concernées par le projet, n’est pas la bonne. Dans ce cadre, M P PAYOT rappelle les engagements, pris lors de l’aménagement de la piste des Nants (partenariat avec l’ONF) n’ont pas été respectés. M P PAYOT déplore que ce projet s’effectue au contraire de la logique de reconquête pastorale du secteur et que la création de cette route deviendra le cordon ombilical pour une liaison des domaines.

M le Maire souhaite préciser que la Compagnie du Mont Blanc est également légitime à travailler sur l’ensemble des variantes techniques qui lui semblent réalistes. C’est donc dans cet esprit, que la réunion du 5 juin a été conduite et qu’il appartiendra, selon les critères énumérés, à la commune de trancher sur les options présentées.

M M PAYOT félicite M le Maire sur la démarche initiée par ses soins qui consolide la position de la commune dans son rôle et sa mission de définition des orientations générales d’aménagement de son territoire.

Le Maire de Chamonix Eric Fournier nous répond

Voici le courrier que le Maire de Chamonix, Eric Fournier nous a adressé à l'issu de la réunion qui s'est tenue le 5 juin 2012 à Chamonix


Monsieur le président

Lors de la réunion tenue le 5 juin dernier, les personnes présentes ont pu exprimer leur inquiétude au regard de l'hypothèse de l'accès au domaine skiable des Grands Montets par la piste forestière de Lavancher, étudiée par la Compagnie du Mont-Blanc.....

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Compte-rendu de la réunion du 5 juin 2012

Compte-rendu de la réunion tenue le mardi 5 juin 2012 à 18 heures 30 à la Mairie de Chamonix à propos du projet de «réhabilitation de la route forestière du Lavancher».

Des habitants du Lavancher, village-hameau de la commune de Chamonix, ayant entendu parler d’un projet d’aménagement routier entre le Lavancher et les installations de ski du Plan Joran, ont demandé au Maire de Chamonix de convoquer une réunion d’information.

Monsieur Fournier, la Maire de Chamonix, a accédé à cette requête, et il a présidé cette réunion, qui s’est tenue le mardi 5 juin, dans la salle de la Mairie.

Étaient présents, outre le Maire et l’Adjoint responsable des aménagements, le Directeur de la Compagnie du Mont-Blanc, Monsieur Dechavannes, le responsable de la station et du domaine skiable des Grands Montets, et le responsable pour la vallée de Chamonix de l’Office National des Forêts (plus loin dit ONF).

Assistaient à cette réunion d’information une cinquantaine de personnes, principalement des habitants du Lavancher, à l’initiative de la réunion, et tous impliqués dans la vie de cette partie de la vallée de Chamonix.

En ouvrant la séance, Monsieur Fournier explique en préambule les raisons qui contraignent la Mairie de Chamonix à envisager une totale modernisation des installations de l’ensemble du domaine skiable des Grands Montets, et tout particulièrement de la partie entre Lognan et le Plan Joran et l’alpage de la Pendant.

Ce réaménagement est rendu indispensable par la vétusté, voire l’obsolescence de l’équipement de la station du Plan Joran, en place depuis plus de 25 ans, au cours des quels il n’a reçu ni amélioration, ni rénovation.

Le but de ces travaux, et le Maire insiste fortement sur ce point, n’est en aucun cas une extension de la capacité des Grands Montets et de ses annexes, mais une remise en état moderne d’un ensemble qui ne donnait plus satisfaction aux usagers.

La volonté est de rendre à Chamonix la place qu’elle souhaite conserver parmi les grandes stations de sport d’hiver, place menacée par le vieillissement du matériel et des conditions d’exploitation.

C’est dans cette perspective qu’il a demandé à Monsieur Dechavannes d’exposer les projets – disons techniques – proposés par la Compagnie du Mont-Blanc (plus loin CMB ), concessionnaire de la gestion de la totalité des installations de la vallée de Chamonix, laquelle société s’est rapprochée pour répondre à la demande, de l’ONF, soucieux d’améliorer les conditions d’exploitation de la forêt domaniale qui occupe les pentes situées entre le Lavancher, l’alpage de la Pendant et Lognan (une partie de cet espace n’est toutefois pas incluse dans la forêt domaniale; une partie des bois et de l’alpage est propriété privée d’habitants de la vallée et surtout du Lavancher, désignés sous le terme de consorts de la Pendant ).

Monsieur Dechavannes et le Directeur de la station des Grands Montets présentent alors aux assistants un dossier (en partie sous la forme d’un Power-Point doublé par sa version papier) intitulé par eux:
« Réhabilitation de la Route Forestière du Lavancher».

En dehors de la grande médiocrité de la présentation (cartes pratiquement illisibles, tracés des voies supposées à réhabiliter à peine visibles, cartes reproduites de Google Maps, sans mention de la moindre altitude ou des courbes de niveaux...), c’est cette dénomination de Route Forestière qui soulève le premier étonnement d’une grande partie du public, fin connaisseur du paysage du Lavancher et de son environnement.

Il y a bien un tracé de chemin qui part du point le plus élevé du Lavancher, à l’extrémité de la route du Lavancher (dite route du Chapeau) en direction du Chapeau et de la Pendant.

Ce chemin n’a jamais été une route, ni une prétendue « route forestière ».

Le projet présenté par les responsables de la CMB (avec le soutien du représentant de l’ONF) consiste donc bien à OUVRIR UNE ROUTE nouvelle, à partir du avancher, pour rejoindre la Pendant, puis les installations du Plan Joran, à moderniser.

La justification technique de la route serait la nécessité de transporter les matériaux lourds (béton, ferrures, moteurs etc.) jusqu’à la station. En dépit de quelques interruptions, le Maire ouvre la discussion sur l’ensemble de ce projet.

Dans le cadre d’un compte-rendu sommaire, on ne saurait reprendre textuellement le verbatim de toutes les interventions: plus d’une douzaine de participants ont pris la parole, et demandé des précisions et des compléments d’information tant aux présentateurs du projet qu’au Maire de Chamonix.

On peut regrouper en trois chapitres principaux ces interventions et ces questions:

Le projet de route.

Les représentants de la CMB (et avec un peu moins d’assurance le maire de Chamonix) présentent le projet de création de route comme la seule véritable option.

Les deux arguments principaux mis en avant concernent l’importance du transport de matériaux nécessaires à la remise en état du site de Plan Joran. Si ce transport n’était pas réalisé par route, et donc par camions (aucune précision n’est apportée sur le tonnage desdits camions), i l faudrait, est-il précisé, deux mille rotations d’hélicoptère pour en assurer l’acheminement, donc un inconvénient majeur pour la nuisance sonore et l’environnement. Le second argument avancé à plusieurs reprises par le directeur de la CMB concerne la nécessaire sécurité du personnel de la société, que seul le transport routier pourrait assurer (pétition de principe, comme si le transport routier était vierge de tout risque d’accident), argument certes honorable, mais qui semble admettre que la sécurité des habitants et des usagers du village du Lavancher n’est pas aussi importante que celle des employés de la CMB.

En réponse aux nombreuses questions sur la réalité physique de cette route projetée, les responsables mêlent deux réponses : la première est qu’il ne s’agit que d’un élargissement minime (un mètre...) de la route forestière existante. En dehors de la contestation sur l’existence même de cette pseudo route actuelle, il ne semble pas sérieux de dire qu’un simple élargissement permettrait l’accès de camions transportant des produits lourds. Il est évident qu’il faudrait des travaux importants de soutènement, de fixation dans un parcours où les risques d’éboulement sont importants, réalités géologiques dont la prise en compte n’est pas expliquée par les responsables du projet.

La seconde réponse concernant le tracé de la route tend à expliquer qu’une fois dépassée la forte pente des débuts de cette route, l’arrivée sur le plateau de la Pendant permettrait à l’inverse une jonction facile et déjà tracée avec les installations de Plan Joran.

Les questions posées sur les études géologiques, sur l’observation d’éventuelles recommandations ou prescriptions des lois Montagne ou du programme Natura 2000 ne reçoivent pas plus de réponses.

Le Maire de Chamonix évoque le coût de cette opération, une dizaine ou une douzaine de millions d’euros, le différentiel de coût avec le transport héliporté n’étant pas très importante (moins d’un million d’euros). Il n’a pas été précisé si le budget de la Ville de Chamonix était concerné par cette dépense.

Existe t’il une ou des solutions alternatives?

C’est cette éventualité qui est le plus évoquée par l’assistance. Les habitants du Lavancher sont dans leur ensemble scandalisés par ce projet de route qui leur est présenté comme presque définitif, alors qu’ils n’ont été ni informés, ni interrogés sur ce point. Comment a t’il été possible avec une technologie plus ancienne de près de 30 années de construire l’équipement des Grands Montets, (apparemment sans accident grave, est-il rappelé ) et de prétendre aujourd’hui que seule la construction d’une route permettrait de moderniser ce site?

La seule option envisagée, pour être aussitôt repoussée, est celle du transport par hélicoptères. Le nombre de rotations annoncées est-il l’objet d’une véritable étude?

Mais surtout, n’y a t’il pas d’autres solutions possibles. Les personnes présentes, très connaisseurs de la réalité de cette partie de la montagne, soit comme guides, soit comme moniteurs, soit comme travailleurs dans le site, soit comme simples habitants parcourant et Lognan et la Pendant, évoquent au moins deux autres possibilités qui ne semblent pas avoir été sérieusement envisagées par la CMB.

La première consisterait à utiliser le système de remontées mécaniques, soit par cabines, soit par utilisation conjointe de parties équipées de rails, et de câbles : il semble que de telles réalisations ont été adoptées dans des pays voisins et dans des conditions similaires à celles des Grands Montets.

Les arguments visant la pente excessive, ou les risques importants d’accidents, ne semblent pas avoir fait l’objet d’études sérieuses.

Plusieurs intervenants s’étonnent également qu’aucune hypothèse n’ait été présentée utilisant le site de la Pierre à Ric, qui présenterait peut-être des avantages certains par rapport au projet de route – moindre pente, moindre distance, probablement moindre coût.

Avant toute décision de la Mairie de Chamonix (mais le Maire confirme qu’une réunion est programmée à très court terme), il serait indispensable que soient envisagées sérieusement, et étudiées, ces solutions alternatives, qui sont peut-être encore plus nombreuses que celles évoquées rapidement ici.

La gravité des conséquences de l’établissement d’une route pour le Lavancher (population et milieu naturel)

De nombreux intervenants soulignent l’extrême gravité pour le Lavancher de l’établissement de cette route.

En dehors même de ce qui est appelé « réhabilitation de la route forestière », rien n’est dit sur la traversée du village du Lavancher.

La route qui traverse le Lavancher est étroite, en forte pente, elle comporte plusieurs virages très serrés. Elle est à l’évidence totalement impropre à la circulation de camions, dont la noria serait au moins aussi polluante et dangereuse que les hélicoptères ...

Le Lavancher est un village peuplé, apprécié pour son calme ) à l’écart des grandes circulations, y vivent des familles avec de nombreux enfants, dont la sécurité ne serait guère assurée si une route était ouverte à un important trafic de camions (combien de camions, quel tonnage, pendant combien de temps, pendant les travaux, après les travaux ?).

La réponse du Maire et de la CMB comme quoi la nouvelle route serait à accès limité, et fermée par un cadenas ne paraît pas très convaincante.

Mais surtout rien n’est prévu pour la route du Chapeau, à l’évidence impossible à élargir sans toucher aux immeubles qui la bordent (il y a plusieurs goulots d’étranglement, où le croisement de véhicules est déjà impossible aujourd’hui !).

Toutefois, c’est la transformation de l’actuel sentier dans la forêt en route carrossable qui suscite le plus d’inquiétude.

Le milieu naturel de la Pendant et de ses pentes est un milieu fragile, le Lavancher, comme l’indique le nom du village, est construit à la limite d’un couloir d’avalanches, dont plusieurs ont été meurtrières, il y a encore peu. La construction d’une route qui obligerait à renforcer les bas-côtés, sur une largeur bien supérieure au mètre annoncé, se traduirait inévitablement par l’abattage de nombreux arbres, par une déstabilisation de la forêt, qui est la première protection du village.


A la fin de la réunion, les participants ne savent pas si les études géologiques ont été faites, quelles sont les conclusions des experts (si experts il y a eu), si les laboratoires de géologie, de géographie alpine, et d’environnement de la montagne ont été consultés, si les pouvoirs publics ont donné ou non leur accord, non pas à la « réhabilitation d’une route », mais bien à la construction d’une route nouvelle.

La forêt n’est d’ailleurs pas le seul ensemble naturel qui soit menacé (même si le responsable de l’ONF affirme que la route permettra enfin une exploitation rigoureuse de cette forêt, impossible, dit-il, en l’absence d’une route de dégagement) : l’alpage de la Pendant est aussi un espace protégé, pour sa flore et sa faune, pour la restauration de sa bergerie et le respect d’un des derniers sites naturels de la vallée.

Que restera t’il de ce site naturel s’il est traversé par une route, des rotations de camions demain pour la modernisation des équipements de Plan Joran, après demain pour l’alimentation de la station (les camions de fuel traverseront la Pendant?).

De nombreux intervenants, habitant depuis longtemps le Lavancher, et familiers de ces paysages et de ses pentes, expriment plus que leur inquiétude devant ce projet, qui paraît plus dévastateur qu’utile.


Avant que le Maire de Chamonix ne close la réunion, en précisant qu’il a bien entendu toutes les observations, et que les décisions finales ne sont pas prises, il apparaît que le public souhaite que soient étudiées sérieusement des solutions alternatives, la route apparaissant comme ne véritable menace pour le village.

Réponse du Maire au courrier de demande de concertation en date du 29 mai 2012

Création piste forestière du Lavancher

Je fais suite à la demande de concertation formulée par votre correspondance du 7 mai dernier

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L'origine du débat : demande de concertation en date du 7 mai 2012

Demande de réunion publique de concertation concernant le projet de la piste forestière du Lavancher

Les citoyens doivent pouvoir, sur des questions d’importance majeure concernant leur environnement et leur qualité de vie, avoir la possibilité de recevoir une information, d’exprimer leur opinion et d’être entendus par les autorités municipales.

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